Des amitiés…
C’est étrange de revenir sur cette feuille blanche. C’est comme un vieil ami que l’on revoit, après quelques années passées loin de lui. C’est ce sentiment d’appartenance, cette envie irrépressible de savoir ce qu’il est devenu. Retrouver toutes les aspérités de cette amitié, tous ses sentiments, les vides, les pleins, les couleurs et les formes. Un mélange subtile est complexe, bien souvent incomplet car incompris, aimé et surtout … recherché.
Une feuille qui est restée blanche bien longtemps depuis ma dernière note ici, voilà déjà … presque 2 mois. Et pourtant j’ai l’impression d’avoir arrêté d’écrire depuis plus longtemps que ça. Probablement que les derniers ajouts n’étaient qu’un maintiens d’une habitude plus qu’une nécessité d’extérioriser des choses que l’on ne fait que ressentir fugacement.
Peut m’importe, je retrouve la joie de porter mon stylo et sa mine grasse sur ce papier sec, cet instant où tout bascule, où la pureté laisse place à la compléxité de la nature humaine, de la psychée de l’écrivain, des détours sinueux de ce poignet qui virevolte et donne un corps plat aux sombres jaillissements de l’âme humaine.
Quoiqu’il en soit, c’est aussi une bonne façon de fixer quelques instants de notre maigre vie, maigre existence mainte fois compromise sur une Terre qui ne comprend plus l’Homme, et que l’Homme ne comprend plus. Un défaut déjà présent dans la Bible, l’avarice, et qui pourtant est toujours de mise, plus que jamais, dans notre société qui voue une “passion déréglée au biens et à l’argent”… que faire ici bas, alors que l’Homme tourne son regard vers la possession matérielle aux limites finies, et non plus vers les limites infinies du monde. Que dire des lois que l’Homme impose à l’Homme ? Que dire des agissements ce nombres de riches envers les moins chanceux. Que dire ?
Pour en revenir à une échelle plus raisonnable, ma vie est quand à elle prise dans un fleuve qui s’est mué en torrent aux rochers avides et menaçants ? Bien que j’essaie de la calmer, ses contorsions improbables et soudaines ne me laisse guère de répit. Oh que je fus bien heureux de ne pas connaître de tel soubresauts, de tel contraction involontaires tel un asthmatique au rebord de sa crise. Je fus bien heureux comme on est heureux d’être inconscient de ce qui se passe quand on ne sait rien. Loué soit les innocents. Et pourtant, comme le bon bramin, je n’échangerai pas ma vie actuelle pour une plus paisible et incrédule. Car même si je le paie, je sais que cela en vaut la peine, ou du moins je l’espère…
De nombreuses choses se sont passées depuis décembre. Une rupture, puis un recommencement, mais cependant un recommencement étrange. Etrange car inhabituel par rapport a mes errements suite à une rupture. La seconde chance, dont je ne suis pas grand adepte, si on peut dire. Et cette nouveauté amène d’autres problème : la distance, le froid, la “stagnation” pour employer les termes de ma petite-amie. Oui, nous stagnons, c’est vrai, mais il faut voir aussi que j’avance avec précaution, car l’aveuglement est toujours la meilleure façon de marcher dans un trou sans fond … des fois des mains viennent vous rattraper, des fois vous tombez jusqu’à ne plus savoir ce qu’était le sol sous vos pieds.
Des amis, qui sont là pour vous soutenir, vous écouter, être avec vous quand quelque chose ne tourne pas rond, j’ai eu la chance d’en avoir. Merci Alice de m’avoir recueillie alors que j’étais à terre. De m’avoir “ramasser à la petite cuillère” alors que j’étais inconscient et sauvage, vivant sur mes instincts et non plus sur ma pensée. Que dire, si elle n’étais pas intervenue au bon moment ? que dire ?
Il y a des jours où les questions s’accumulent plus que les réponses veulent bien nous en débarrasser.
Et pourant …